Alerte : désengagement du CNRS dans les universités de Centre – Val de Loire

Début juillet, le laboratoire CITERES de l’Université de Tours a appris que le CNRS se retirerait progressivement comme tutelle principale de ses activités de recherche.
Le groupe Écologie et Solidarité dénonce ce projet et exprime son inquiétude car d’autres laboratoires de sciences humaines et sociales de la région, notamment à l’Université d’Orléans, semblent aussi concernés. Ce désengagement constitue un signal d’alarme d’une inquiétante gravité pour l’avenir de la recherche publique dans notre région.

Réunis en assemblée générale extraordinaire le 17 juillet 2025, les membres du laboratoire de recherche CITERES alertent sur le projet de « désumérisation » de leur unité. Sous tutelle conjointe du CNRS et des universités, les Unités Mixtes de Recherche (UMR) regroupent des chercheuses et chercheurs, enseignant·es, ingénieur·es, doctorant·es et personnels techniques issus de disciplines variées (géographie, sociologie, urbanisme, archéologie, écologie, anthropologie pour CITERES). Ces laboratoires sont des piliers scientifiques reconnus au niveau national et international.

Le désengagement du CNRS, déclaré de manière précipitée et sans concertation préalable — s’il devait se confirmer, aurait des effets destructeurs :

  • suppression progressive de postes financés par le CNRS, mettant en péril la pluridisciplinarité et la stabilité des équipes ;
  • diminution des moyens pour la recherche de terrain, les publications scientifiques et les partenariats locaux et internationaux ;
  • remise en question de projets de recherche à fort impact social et territorial, notamment dans l’étude des sociétés, du changement climatique, de l’urbanisme durable, de la transition écologique et de la valorisation du patrimoine.

Dans un communiqué publié le 24 juillet, l’Association française de sociologie (AFS) dénonce également ce retrait alors que le laboratoire CITERES accueillera le prochain Congrès de l’AFS de 2027, démontrant sa forte attractivité au sein de la discipline. 

Ce désengagement révèle que la politique du CNRS — censée être suspendue —  de ciblage de « keylabs » (via l’abandon d’autres laboratoires) se poursuit. Il s’inscrit également dans une tendance plus large de désinvestissement de l’État dans les sciences humaines et sociales, pourtant cruciales pour comprendre les crises contemporaines : inégalités territoriales et sociales, climat, démographie, transitions… 

Le groupe Écologie et Solidarité au Conseil régional Centre-Val de Loire appelle
à ce que les demandes des personnels des laboratoires concernés soient entendues
et que le CNRS reste engagé dans les laboratoires UMR des universités de Tours et d’Orléans.

« Ce désengagement du CNRS, dès le 1er janvier 2026, est incompréhensible. Le laboratoire Citeres est impliqué dans de nombreux réseaux nationaux. Il travaille en lien étroit avec les collectivités, les acteurs du patrimoine mais aussi les habitantes et habitants. C’est le dynamisme, la robustesse des universités de notre région qui sont aujourd’hui en danger. »

Gaëlle Lahoreau,
vice-Présidente de la Région Centre – Val de Loire déléguée à la Démocratie Permanente.

De manière générale, le groupe Écologie et Solidarité appelle à la reconnaissance du rôle stratégique des UMR dans l’équilibre territorial de la recherche publique et à une mobilisation collective des élu-es, universitaires, des acteurs territoriaux et des citoyen-nes pour défendre un savoir libre, indépendant et ancré dans la société.

« La France décroche déjà depuis plusieurs années dans son investissement dans la recherche scientifique, au moment où nous en avons plus que jamais besoin pour faire face aux urgences sociales et environnementales et pour informer la décision politique. Ces annonces de désengagement du CNRS de laboratoires universitaires de la région s’inscrivent dans cette politique gouvernementale délétère. Alors que la Région Centre-Val de Loire est en dessous de la moyenne en termes de nombre de doctorants, il faut au contraire renforcer la recherche dans nos universités comme au CNRS et leur donner les moyens de leur fonctionnement. »

Karin Fischer, conseillère régionale.

Sources