COMMUNIQUE – 18 juillet 2025
Pour son prochain budget, le gouvernement Bayrou vient d’annoncer de nouvelles pistes d’économies injustes, brutales et dangereuses, comme le gel du barème des impôts, des prestations sociales et des retraites, ou encore la baisse drastique du financement des collectivités locales qui portent une bonne partie des services publics de proximité.
En se privant volontairement de nombreuses sources de recettes l’État a sapé ses propres capacités de financement. Ces décisions, souvent justifiées au nom d’une vision ultralibérale et recentralisatrice ont fragilisé les comptes publics. Aujourd’hui, ce sont ces arbitrages passés qui rendent la situation budgétaire intenable et enferment le pays dans une logique d’austérité. Les 211 milliards d’euros d’aides, dont une grande partie bénéficiait
aux plus grandes entreprises du pays et aux ultra-riches, sont autant de moyens qui manquent aujourd’hui au budget de l’Etat.
Cette politique austéritaire frappe toujours les mêmes : les plus précaires, les familles monoparentales, les classes moyennes, les retraités…
Là où le gouvernement cherche à mettre en place une année blanche et à supprimer deux jours fériés, nous lui proposons plutôt de réformer la fiscalité sur les gros patrimoines, l’accroissement de la progressivité de la fiscalité des revenus ou encore la fin des niches fiscales néfastes au climat et contradictoires aux politiques menées en faveur de la transition écologique.
Supprimer la « flat tax » représenterait un gain de 9 milliards d’euros pour l’Etat et rééquilibrerait la charge de l’impôt en direction des revenus du capital plutôt que ceux du travail. D’autres pistes sont aussi possibles à travers la taxe dite Zucman pour faire contribuer à juste proportion les grandes fortunes. Sur tout cela, le Premier ministre s’est bien gardé de faire une quelconque annonce.
De la diminution de la dette et du déficit de l’Etat, les collectivités territoriales ont été largement solidaires et contributrices ces dernières années, et notamment en 2025 : plus de 7 milliards demandés aux collectivités, ce qui a représenté -6% de recettes pour la seule Région Centre-Val de Loire.
Ce nouvel effort demandé aux collectivités à hauteur de 6,5 milliards d’euros représenterait plus de 12% de l’effort national. Pourtant, les collectivités qui ont l’obligation d’équilibrer leurs budgets, ne représentent que 5,9% de la dette publique.
Si ce choix de faire contribuer à nouveau les collectivités territoriales était confirmé, cela représenterait :
- 100 millions en moins en deux ans pour la Région Centre-Val de Loire ;
- 100 millions de moins pour les services publics aux habitants ;
- 100 millions de moins pour l’économie ;
- 100 millions de moins pour la transition écologique et l’adaptation des territoires ;
- 100 millions de moins pour préparer l’avenir.
Pour comparer, 100 millions pour notre Région, cela correspond à la totalité du budget de fonctionnement des lycées, du développement économique et du sport réunis.
Plus encore, alors que les Régions agissent, par la loi de décentralisation, dans de nombreux domaines de compétences (transports, lycées, formations …), le gouvernement souhaite désormais limiter leurs ressources en remettant une Dotation Globale de Fonctionnement qui figera leurs capacités d’actions, sans prise en compte des effets de l’inflation. Il s’agit d’un recul historique des politiques de décentralisation.
Cette recentralisation déguisée sera synonyme d’affaiblissement programmée des ressources des collectivités territoriales et, par définition, des services publics de proximité comme la santé, l’éducation, la culture ou encore la mobilité.
Les choix du gouvernement ne sont pas les bons. Ils emmènent notre pays dans la récession en contraignant les investissements locaux. Nous rappelons ainsi au gouvernement que les Régions représentent près de la moitié des investissements des collectivités territoriales.
Dans ce contexte, nous n’avons pas d’autre option que de nous mobiliser fortement aux côtés des autres collectivités impactées par ces annonces, des organisations représentatives de la société civile, et des citoyennes et citoyens de notre territoire.
Nous appelons chacune et chacun, et particulièrement les collectivités locales,
à unir leurs voix pour lutter contre ce futur projet de loi de finances.




