Office Français de la Biodiversité. Le groupe Ecologie & Solidarité dénonce des actions d’intimidations

Hier, le 3 février 2026, des locaux de l’Office français de la Biodiversité (OFB) ont été ciblés par la Coordination Rurale dans notre région.
 • Incendies de pneus et pailles sur la pelouse du siège régional de l’OFB à Dry (Loiret) ;
 • Décharge sauvage de bottes de paille devant l’entrée du site de Châteauroux (Indre).
Des actions justifiées par un soi-disant acharnement contre le monde agricole.

Le groupe Écologie et Solidarité au Conseil Régional Centre – Val de Loire dénonce la construction d’un message mensonger, celui d’une prétendue animosité de la part de l’OFB contre les agriculteurs et agricultrices. Les chiffres le démontrent. Le nombre de poursuites initiées par l’OFB est infime. Il ne fait pas peser de menaces économiques et sociales sur les fermes. Dans l’Indre, par exemple, la préfecture fait état de cinq procédures pour l’année 2025. Très loin de la caricature entretenue par la Coordination Rurale.

Nous condamnons les formes que prennent ces mobilisations. Elles relèvent clairement de stratégie d’intimidation, contribuent à créer un climat de violence et à crisper les échanges, pourtant seules issues pour débloquer la situation.

Aujourd’hui, la Coordination Rurale instrumentalise la nomination d’Anne Le Strat, ex-dirigeante d’Eau de Paris et cadre des Écologistes, au sein de la direction de l’OFB, y voyant « une provocation ». Mais demain, qu’est-ce que ce sera ? A la vue de la multiplication de leurs attaques, nous ne sommes pas dupes. Ce n’est qu’un prétexte de plus. L’objectif réel est bien de remettre en cause le principe même d’une police de l’environnement. Inacceptable !
Nous réaffirmons avec force la nécessité de disposer, en France, de ces agentes et agents de service public, tant les enjeux de la préservation de la biodiversité sont fondamentaux. Ils exigent des moyens humains et institutionnels à la hauteur.
Nous adressons, pour cela, tout notre soutien au personnel de l’OFB, qui exerce au quotidien une mission au service de l’intérêt général indispensable, avec professionnalisme, discernement, pédagogie. Ils protègent notre société contre la dégradation de la qualité de l’eau, contre les atteintes portées aux espèces protégées et aux milieux naturels.

Nous dénonçons enfin, une fois de plus, une forme d’impunité de la Coordination Rurale – dont ne bénéficie d’ailleurs pas la Confédération Paysanne. A notre connaissance, aucune demande de remboursement des frais liés à la remise en état, aucune plainte pour trouble à l’ordre public n’a été déposée par l’État ou une collectivité. Cette absence de réaction pour leur demander d’assumer et compenser les dégradations est une invitation à la répétition.

Nous sommes attachés à la liberté d’expression et à la liberté syndicale, mais nous sommes tout autant attachés à l’égalité devant la loi. Jusqu’où ira la Coordination Rurale dans les violences, alors que son président a publiquement déclaré vouloir « faire la peau » aux écologistes ?

La prospérité de l’agriculture est indissociable de la préservation de la biodiversité et réciproquement. Les opposer est une impasse économique et écologique.

Nous continuerons à défendre et construire des politiques publiques qui allient respect de l’environnement et vitalité des activités agricoles.

Jean-François Bridet,
vice-président du Conseil régional,
président de l’Agence régionale de la biodiversité (ARB)

Jérémie Godet,
vice-président du Conseil régional,
président de l’Établissement Public Territorial du Bassin de la Vienne (EPTB Vienne)

Betsabée Haas,
présidente du groupe Écologie et Solidarité,
 membre du comité de bassin de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne