Signature du nouveau « PRIC » : l’État diminue sa contribution financière à la formation des demandeurs et demandeuses d’emploi en Centre-Val de Loire

Le nouveau Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) pour 2024-2027, signé ce jour par le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau, et par la Ministre du Travail, de la Santé et de la Solidarité, Catherine Vautrin, acte une nette diminution de la contribution financière de l’État par rapport à la période précédente.

En effet, alors que le Conseil régional choisit de maintenir chaque année 63,89 millions d’euros au titre de sa « contribution socle », la contribution financière de l’Etat va suivre une trajectoire baissière : 51,43 millions par an en 2024 et 2025, puis 42,07 millions en 2026 et 37,36 millions en 2027.

Alors que l’objectif affiché de la réforme France Travail menée par le gouvernement est d’aller vers le « plein emploi », la réalité est que l’Etat diminue les crédits destinés à financer les entrées en formation des demandeurs et demandeuses d’emploi ! Face à cette contradiction, on peut se poser la question de la véritable ambition de cette loi, qui est peut-être en réalité de diminuer les dépenses de l’Etat, « quoi qu’il en coûte » pour les personnes les plus en difficulté.

Betsabée Haas, Présidente du groupe Écologie et Solidarité au Conseil régional Centre-Val de Loire

En commission permanente, le groupe Écologie et Solidarité a voté ce pacte car, même en diminution, ces dizaines de millions d’euros de l’Etat sont absolument nécessaires pour permettre à la Région d’exercer autant qu’elle le peut sa compétence de formation des demandeurs et demandeuses d’emploi et pour financer les dispositifs d’accompagnement afin de lever les freins d’accès à la formation des publics privés d’emploi. Nos élu.es ont néanmoins dénoncé la diminution de l’engagement de l’Etat.

Les crédits de l’État étaient déjà insuffisants pour permettre à la fois un éventail suffisant de formations et une rémunération décente des stagiaires. La baisse progressive de ces crédits jusqu’en 2027 va inexorablement entraîner une baisse des possibilités de formation et des dispositifs d’accompagnement en Centre-Val de Loire. Le gouvernement ne veut plus contribuer à la qualification des publics privés d’emploi, et fait plutôt le choix de la coercition vers des emplois non ou peu qualifiés en diminuant les droits au chômage et en introduisant 15h/semaine d’activité forcée pour les allocataires du RSA.

Karin Fischer, Présidente de la commission Emploi, Formations professionnelles et Insertion du Conseil régional Centre-Val de Loire